L’insertion professionnelle des personnes réfugiées d’Ukraine progresse
Le 21 janvier, Insertion Suisse a organisé deux webinaires (DE/FR) avec Adrian Gerber, délégué à l’intégration du DFJP. Plus d’une centaine de personnes s’y sont connectées pour faire le point sur l’insertion des réfugiés bénéficiant du statut S et sur les mesures mises en place par la Confédération. Cet article revient sur les messages clés abordés lors des échanges.
L’objectif initial d’intégrer 40 % des bénéficiaires du statut de protection S sur le marché du travail avant fin 2024 n’a pas été atteint. Selon les dernières données du Secrétariat d’État aux migrations (SEM), leur taux d’emploi s’élevait à environ 30 % au 30 décembre 2024. Cependant, une analyse plus fine des chiffres révèle une dynamique encourageante. En effet, parmi les personnes arrivées en Suisse en 2022 et âgées de 18 à 50 ans, le taux d’emploi atteint 41,8 %. L’insertion professionnelle prend du temps, d’autant plus que les personnes réfugiées d’Ukraine ne sont pas toutes arrivées simultanément.
« L’Agenda Intégration Suisse fonctionne bien dans l’ensemble, même s’il reste des améliorations à apporter, notamment en matière de coopération, de contacts directs et de simplification des processus », a souligné Adrian Gerber.
Les défis à l’intégration des bénéficiaires du statut S restent nombreux : apprentissage de la langue, manque de solutions d’accueil pour les jeunes enfants, reconnaissance des diplômes et hautes exigences du marché du travail. Il n’existe pas de solution miracle ; seule une collaboration efficace entre les demandeurs d’emploi, les organisations d’insertion et les employeurs permettra d’avancer.
Dans cette optique, Adrian Gerber a pour mission de rapprocher ces trois groupes-cibles. Des rencontres ont été organisées avec les principales entreprises suisses et les spécialistes de l’insertion, tandis que les associations ukrainiennes jouent un rôle clé pour faciliter le dialogue. De nouveaux outils, comme JobMate et Path2Work, sont en cours de développement pour mieux connecter les besoins des entreprises et l’accompagnement des personnes réfugiées. L’accent a été mis sur l’importance d’un processus d’intégration progressif, basé sur l’expérience et l’adaptation continue.
D’ici l’automne 2025, l’obligation d’autorisation de travail pour les bénéficiaires du statut S devrait être remplacée par une simple obligation d’annonce, harmonisant ainsi leurs conditions d’emploi avec celles des personnes admises à titre provisoire. Par ailleurs, la prolongation du délai de départ pour les personnes réfugiées exerçant une activité lucrative, décidée par le Conseil fédéral, constitue une incitation supplémentaire pour les employeurs à engager des personnes bénéficiant du statut S.
Un engagement nécessaire pour une insertion durable
Insertion Suisse se réjouit de voir que les efforts en faveur de l’insertion professionnelle des personnes réfugiées d’Ukraine commencent à porter leurs fruits. L’évolution des cadres réglementaires, le développement d’outils adaptés et le renforcement des synergies entre les acteurs de l’insertion et les employeurs sont des leviers clés pour faciliter l’accès au marché du travail. Néanmoins, les questions de l’accueil préscolaire et de la facilitation de la reconnaissance des diplômes sont encore des chantiers nécessitant davantage de ressources et le développement de nouvelles solutions.