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Elisabeth Alfs-Lapraz

Modification des ordonnances sur l’intégration et l’activité lucrative (OIE et OASA)

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AIS salue des avancées importantes, mais demande des conditions claires de mise en œuvre

Dans le cadre de la procédure de consultation, Insertion Suisse a pris position sur les modifications proposées de l’ordonnance sur l’intégration des étrangers (OIE) et de l’ordonnance sur l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA). Du point de vue de l’association faîtière, le projet va dans la bonne direction : il peut contribuer à renforcer une insertion sociale et professionnelle plus précoce, plus ciblée et plus durable pour des populations qui en ont particulièrement besoin.

En bref

Insertion Suisse salue en particulier :

  • l’extension de la promotion de l’insertion aux personnes à protéger titulaires d’un permis de séjour et aux personnes bénéficiant du statut de protection S ;
  • la possibilité de soutenir plus tôt les personnes requérantes d’asile dans le cadre de la procédure étendue par des mesures d’insertion adaptées ;
  • la pérennisation du préapprentissage d’insertion en tant que programme fédéral (PAI);
  • l’amélioration de l’accès des personnes à protéger au marché du travail dès le déroulement de la procédure ;
  • une meilleure sécurité juridique pour les victimes et les témoins de la traite des êtres humains.

Dans le même temps, Insertion Suisse souligne que les tâches supplémentaires de promotion de l’insertion ne peuvent être mises en œuvre efficacement que si leur financement est assuré de manière suffisante et fiable. Dans le cas contraire, le soutien apporté aux nouveaux groupes cibles risque de se faire au détriment des personnes déjà bénéficiaires.

Accès aux mesures d’insertion et préapprentissage (PAI)

L’un des éléments salués par l’association faîtière est la volonté de permettre un accès plus rapide aux mesures d’insertion. Plus tôt les potentiels peuvent être identifiés, les compétences linguistiques développées et les parcours de formation ou d’emploi préparés, plus les chances d’une insertion durable augmentent. Cette logique est particulièrement importante pour toutes les personnes relevant de l’asile.

Insertion Suisse se félicite également de la transformation du préapprentissage d’intégration (PAI) en programme fédéral permanent. Cet instrument a fait ses preuves pour préparer les jeunes et les jeunes adultes réfugié·e∙s à la formation professionnelle initiale et à une insertion durable sur le marché du travail. Pour AIS, il est toutefois essentiel que ce programme reste accessible aussi aux personnes qui ne remplissent pas encore toutes les conditions pour entrer directement en apprentissage. Cela suppose de maintenir des mesures en amont, comme l’évaluation du potentiel, le coaching, le renforcement des compétences de base ou encore le soutien en cas de difficultés psychologiques ou familiales.

Besoin de conditions de mise en œuvre plus claires

Si Insertion Suisse soutient globalement le projet, elle souligne aussi plusieurs lacunes. La principale concerne le financement. L’extension des mesures d’insertion à de nouveaux groupes cibles ne pourra produire ses effets que si les moyens nécessaires sont garantis de manière suffisante. À défaut, le risque est réel que les cantons doivent arbitrer entre les publics concernés ou que le soutien aux nouvelles catégories se fasse au détriment des personnes déjà bénéficiaires.

Au-delà des moyens financiers, Insertion Suisse insiste aussi sur la nécessité de clarifier les compétences, les critères d’orientation et les modalités de mise en œuvre. Pour que les nouvelles dispositions soient efficaces dans la pratique, il faut des règles compréhensibles, applicables de manière cohérente et orientées vers l’insertion durable.

Avec cette prise de position, Insertion Suisse rappelle qu’une insertion réussie ne dépend pas uniquement d’un accès plus rapide au marché du travail, mais aussi d’un accompagnement adapté, progressif et réaliste. L’association soutient donc les avancées proposées, tout en appelant à des bases solides pour que la réforme puisse déployer pleinement ses effets.

Prise de position

Impact de l’insertion

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Dans le prolongement des réflexions menées autour du colloque national d’Insertion Suisse, nous vous invitons à découvrir trois articles et une interview consacrés à l’évaluation de l’impact dans l’insertion socioprofessionnelle.

Ces contributions rappellent un point essentiel : l’impact ne se résume pas aux chiffres. Les taux d’insertion, les sorties vers l’emploi ou les indicateurs quantitatifs sont importants, mais ils ne suffisent pas à rendre compte de la complexité des parcours.

Dans l’insertion, les effets se construisent souvent progressivement :

  • stabiliser sa situation personnelle
  • retrouver une structure journalière
  • renforcer sa confiance en soi
  • élargir son réseau
  • entrer dans une dynamique de formation ou d’emploi

Ces étapes intermédiaires sont parfois peu visibles, mais elles sont centrales.

À lire dans la revue REISO :

Un nouveau programme de réinsertion passe la rampe du Conseil national

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Lundi 27 avril, Giorgio Fonio, Conseiller national du Centre et Président d’Insertion Suisse, a défendu au Conseil national la motion 24.3639 en faveur d’un programme national « Supported Re-Entry ». Par 108 voix pour et 85 contre, l’adoption de cet objet constitue un signal politique fort en faveur des personnes qui souhaitent retrouver un emploi après plusieurs années d’interruption.

Une réponse à un besoin concret

Avec cette motion, Giorgio Fonio a porté au Parlement une réalité largement observée sur le terrain : de nombreuses personnes en recherche d’emploi, notamment après une interruption liée à des responsabilités familiales, peinent à accéder à un accompagnement adapté. Aujourd’hui, le retour à l’emploi reste souvent plus difficile pour ces personnes, en particulier lorsqu’elles ne perçoivent pas d’indemnités de chômage.

Le programme « Supported Re-Entry » propose une réponse concrète à cette situation. Inspiré du modèle « Supported Employment » destiné aux personnes de plus de 50 ans, il vise à offrir un accompagnement individualisé sur plusieurs mois, sous forme de coaching, ainsi qu’un meilleur accès au financement de la formation continue. Le projet inclut les personnes sans droit aux indemnités de chômage, qui restent souvent en marge des dispositifs existants.

« Le nouveau programme « Supported Re-Entry» doit être à bas seuil, gratuit ou assorti d’une contribution symbolique, et accessible également aux personnes qui ne bénéficient pas d’indemnités de chômage. Ces personnes doivent être traitées comme tout autre chômeur récent, car leur potentiel professionnel est bien réel. » souligne Giorgio Fonio.

Combler une lacune du système

Pour Insertion Suisse, cette motion a le mérite de nommer clairement un problème encore insuffisamment pris en compte par les politiques publiques. Elle rappelle que les instruments actuels ne répondent pas toujours aux besoins des personnes qui souhaitent reprendre une activité professionnelle après plusieurs années d’absence.

Elle s’inscrit aussi dans une logique cohérente avec les objectifs de la Stratégie du service public de l’emploi 2030, qui met notamment l’accent sur un accompagnement plus individualisé des personnes en recherche d’emploi.

Un signal politique positif

Insertion Suisse salue l’acceptation de cette motion par le Conseil national. Cette décision envoie un signal important en faveur d’une vision plus inclusive de l’insertion professionnelle, attentive aux parcours de vie, aux réalités familiales et aux besoins du marché du travail. C’est grâce à un travail politique engagé et continu que des progrès dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle sont possibles.

Contact

Sepala Megert
Secrétaire général

Tél : +41 31 552 30 51

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Ancrage de la formation initiale et continue dans la loi sur l’assurance-chômage (LACI)

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Réduire le chômage de longue durée et le chômage structurel en encourageant les mesures de formation initiale et continue.

Selon le communiqué de presse de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États (CSSS-E), celle-ci a donné suite, le 1er avril 2026, à l’initiative parlementaire Roduit 24.456 visant à ancrer explicitement la formation et la formation continue dans la loi sur l’assurance-chômage (LACI) par 6 voix contre 2 et 4 abstentions. La commission sœur du Conseil national (CSSS-N) avait déjà donné suite à l’initiative le 11 avril 2025 par 13 voix contre 122. L’élaboration du projet de révision incombe désormais à la CSSS-N. Insertion Suisse salue cette décision.

Extension de l’article sur le but de la LACI

L’article sur le but de la LACI en vigueur stipule que la loi vise à « prévenir le chômage imminent, à combattre le chômage existant, à favoriser l’intégration rapide et durable des assurés dans le marché du travail »3. L’initiative parlementaire 24.456 demande de compléter expressément cet objectif : à l’avenir, le chômage de longue durée et le chômage structurel devront également être empêchés par des mesures appropriées dans le domaine de la formation initiale et continue.

Pourquoi cet ajout est-il nécessaire ?

La nécessité d’agir est évidente : en 2025, 14,7 % de la population active en Suisse ne disposait que d’un diplôme du degré secondaire I. Parmi les personnes inscrites au chômage, cette proportion s’élevait à 24,0 % en décembre 2025. Dans le domaine de l’aide sociale, environ 49,5 % des personnes bénéficiaires ne disposaient que d’un diplôme de fin d’études obligatoires4.

Dans le même temps, le nombre de personnes se trouvant dans une situation de chômage de longue durée a nettement augmenté, passant de 11’177 en décembre 2023 à 20’510 en décembre 20255. Ce constat montre la nécessité grandissante d’adapter les instruments existants pour les orienter davantage vers la qualification durable.

L’assurance-chômage prévoit déjà aujourd’hui des aides à la formation pour les personnes à partir de 30 ans qui ne disposent pas de qualifications professionnelles suffisantes. Le SECO constate également dans sa stratégie öAV 20306 que la formation initiale et continue ne joue jusqu’à présent qu’un rôle secondaire dans le service public de l’emploi et qu’elle doit être considérablement renforcée. La modification de l’article fixant les objectifs de la LACI s’inscrit ainsi dans une logique cohérente : elle renforce le potentiel de la main-d’œuvre indigène et favorise une intégration durable sur le marché du travail.

Printemps 2026 – sous la coupole

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À la session de printemps, l’objet politique qui nous a le plus occupés était celui lié au paquet d’économie (25.063) prévu par le Conseil fédéral. Plusieurs mesures adoptées impacteront les conditions-cadres de l’insertion professionnelle :

  • Formation continue : 80 % du financement fédéral de la formation continue est préservé. Il passe de 19 à 15 millions de francs. Malgré cette réduction, il s’agit d’un succès pour le secteur de la formation continue. Insertion Suisse s’est engagée très activement au Parlement, aux côtés de ses partenaires de l’Alliance, pour éviter la suppression totale du financement des compétences de base initialement prévue par le Conseil fédéral.
  • Asile et intégration : La durée maximale des contributions fédérales versées aux cantons sous forme de forfait globaux est réduite de 7 à 5 ans. Initialement, le Conseil fédéral voulait la limiter à 4 ans. À l’instar de l’OSAR et du CDI, Insertion Suisse déplore des délais irréalistes d’intégration sur le marché du travail.
  • Activités extrascolaires des enfants et jeunes : Il n’y aura pas de réduction de financement fédéral, comme le prévoyait le paquet d’économie du Conseil fédéral. C’est une très bonne nouvelle pour la jeunesse.
  • Adaptation de la loi sur les subventions : La modification prévue de la loi sur les subventions, selon laquelle les aides financières fédérales doivent en principe être limitées à 50% au maximum du coût total d’une tâche encouragée a été supprimée par le Conseil fédéral lui-même. AIS salue cette décision qu’elle avait appuyée dans sa prise de position.

Les objets fédéraux suivants ont également retenu notre attention :

24.456, Ancrer de manière explicite le domaine de la formation et du perfectionnement dans la LACI, Initiative parlementaire de Roduit Benjamin (Le Centre)
Les deux commissions des Conseils ont accepté l’initiative. La CSS-N est à présent chargée d’élaborer un projet de révision de la loi en ce sens. Insertion Suisse salue cette initiative qui renforce les outils de prévention du chômage de longue durée et du chômage structurel.

25.026, Pas de Suisse à 10 millions ! Initiative populaire
Le Conseil Fédéral et le Parlement ont rejeté l’initiative. Le peuple votera sur cet objet le 14 juin 2026. Insertion Suisse recommande de rejeter cette initiative qui met en péril la prospérité de la Suisse et remet en question le droit d’asile.

25.4685, Aide sociale dans le domaine de l’asile. Supprimer les mauvaises incitations, Motion de Schwander Pirmin (UDC)
25.3302, Aide sociale dans le domaine de l’asile. Supprimer les mauvaises incitations, Motion déposée par Steinemann Barbara (UDC)
Les deux motions ont été refusées et il n’y aura pas de suite.

25.4557, Inscrire dans le droit d’asile, le droit des étrangers et le droit de la nationalité des obligations d’intégration claires pour lutter contre la violence domestique, Motion de Z’graggen Heidi (Le Centre)
Le Conseil Fédéral recommande d’adopter la motion. Le Conseil des États a approuvé l’objet et le Conseil national devra se prononcer.

25.3129, Rendre systématiquement obligatoires les mesures d’intégration pour les personnes relevant de l’asile, Postulat de Z’graggen Heidi (Le Centre)
Le Conseil fédéral recommande d’adopter le postulat. Le Conseil des Etats a approuvé l’objet et la prochaine étape consistera à établir un rapport.

25.4761, Intégration professionnelle. Garantir le financement de l’encouragement linguistique dans le domaine de l’asile, Motion de Marti Samira
Le Conseil fédéral propose d’intégrer cette proposition aux programmes d’intégration cantonaux. AIS salue cette initiative et espère que les discussions qui ont été reportées auront une issue positive.

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Assemblée des Délégué·e∙s printemps 2026

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Focus jeunesse et fond pour la formation professionnelle

Réunis le 1er avril 2026 à Berne, les Délégué·e·s des représentations régionales ont échangé sur la situation des jeunes en Suisse, en particulier sur la dégradation de leur santé psychique et aux difficultés liées à leur entrée dans le monde du travail. La rencontre a aussi permis d’aborder plusieurs sujets nationaux d’actualité politique et de mettre en lumière les changements prévus dans la révision du fond social pour la formation professionnelle.

Près de 25 participant·e∙s ont pris part à l’Assemblée des Délégué·e∙s. Les réprésentant∙e∙s des régions de Zurich, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Genève, du Valais, de Berne, du Tessin et de Suisse orientale étaient présentes. Nous avons aussi eu le plaisir d’accueillir deux invités de la Suisse centrale, région pour laquelle il n’existe pas encore de faîtière. Cette rencontre a une nouvelle fois confirmé l’importance d’un espace d’échange national pour faire circuler les informations, partager les préoccupations régionales et renforcer la voix de la branche.

Dans son mot de bienvenue, Giorgio Fonio, Président d’Insertion Suisse et Conseiller national du Centre, a rappelé le rôle essentiel de l’Assemblée des Délégué·es dans la mise en réseau des acteur·trices de l’insertion et dans la défense des enjeux du secteur à l’échelle suisse.

Actualités politiques

Juste après cette introduction, plusieurs thèmes politiques nationaux ont été présentés. Les Délégué·es ont notamment reçu des informations sur les sujets fédéraux qui touchent directement l’insertion socioprofessionnelle. Parmi eux figure l’engagement d’Insertion Suisse contre le programme de coupes budgétaires, mené avec succès au sein de l’Alliance pour la formation continue.

L’initiative parlementaire de Benjamin Roduit (24.456) a également été évoquée. Celle-ci vise à inscrire plus clairement la formation continue dans la LACI. Pour Insertion Suisse, cette évolution va dans la bonne direction, en renforçant les possibilités de prévenir le chômage de longue durée et le chômage structurel grâce à des mesures adaptées de formation et de perfectionnement.

Préoccupation autour des jeunes

La situation des jeunes a occupé une place prépondérante dans les échanges. Un constat largement partagé s’est dégagé : la santé psychique de nombreux jeunes se dégrade, avec des conséquences concrètes sur leur parcours d’insertion et leur rapport au monde du travail. Cette réalité préoccupe fortement les organisations présentes, qui observent sur le terrain des besoins croissants d’accompagnement, de coordination et de sensibilisation.

Les discussions ont aussi souligné la nécessité de mieux partager les expériences entre les régions. Les défis rencontrés ne s’arrêtent pas aux frontières cantonales. Les pratiques, les approches et les conditions-cadres gagnent donc à être discutées dans une perspective intercantonale. La réforme d’intégration de l’assurance-invalidité peut également constituer une opportunité pour le secteur de l’insertion, à condition que ses conditions-cadres soient définies en concertation avec les acteurs du terrain.

Une Commission SEMO en Romandie en réflexion

Dans le prolongement des échanges sur les jeunes, le potentiel de création d’une commission SEMO en Suisse romande est actuellement analysé. À l’image de la commission existante en Suisse alémanique, un tel espace pourrait favoriser la coordination, le partage de pratiques et l’organisation de rencontres consacrées à l’insertion professionnelle des jeunes.

SIPAC et ses conséquences

Autre sujet marquant : les conséquences de la mise à jour de SIPAC sur le versement des indemnités de chômage. Plusieurs Délégué·e∙s ont fait état de situations préoccupantes liées au non-paiement des indemnités pour de nombreux personnes assurées. Sur le terrain, ces retards compliquent fortement le travail d’insertion. Lorsque les participant·e∙s sont accaparés par leurs difficultés financières et l’accumulation de rappels de paiement, il devient plus difficile de maintenir l’attention sur leur projet professionnel.

Un éclairage sur le FONDSOCIAL

L’Assemblée a également accueilli Fränzi Zimmerli et Olivia Thoenen de SAVOIRSOCIAL, venues présenter la révision du FONDSOCIAL pour la formation professionnelle dans les métiers du social. Ce fonds finance le développement de la formation professionnelle pour le domaine social. Il concerne notamment les métiers de maître·sse socioprofessionnel·le, d’éducateur·trice ou encore de spécialiste en insertion professionnelle.

Avec la révision en cours, de nouveaux domaines seront intégrés, notamment ceux de la migration et de l’asile, de la précarité, de l’addiction ou encore de l’exécution des peines. À terme, cette évolution doit permettre davantage d’équité, afin que toutes les organisations qui bénéficient du fonds contribuent également à son financement et soient assujetties à cotisation.

Insertion Suisse remercie chaleureusement l’ensemble des Délégué·es pour leur présence, leur engagement et la richesse des échanges.

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Assemblée des membres 2026

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Micro-certification et dialogue interculturel

Temps fort de l’année, les membres d’AIS se sont réunis le 1er avril à Berne à l’occasion de l’Assemblée des membres. La partie statutaire a permis de valider les comptes, le rapport annuel ainsi que le budget 2026, et de procéder à la réélection du Comité.

Cette rencontre a également été l’occasion d’adresser de chaleureux remerciements à Caroline Morel pour son engagement au sein du Comité d’Insertion Suisse. Par la qualité de ses réflexions, elle a contribué de manière significative à façonner le développement de l’association. Nous lui souhaitons plein de succès dans ses nouvelles fonctions de directrice de coopératives d’habitation Suisse.

À l’issue de l’Assemblée, Noëmi Rui et Marc Arpagaus ont présenté le projet pilote HGT « Step out – Start in », lancé sous l’égide d’AIS Berne en collaboration avec GastroBern.

Destiné aux personnes à l’aide sociale ainsi qu’aux personnes issues du domaine de l’asile, ce programme de micro-certification modulaire combine théorie et pratique et propose plusieurs orientations (cuisine, service, étage, intendance, information à la clientèle). Les résultats positifs — tant en matière de montée en compétences que d’insertion professionnelle et de motivation — démontrent la pertinence de ce format, qui répond à la fois aux besoins des participant·e·s et à ceux de l’économie. Le développement de bonnes pratiques en matière de micro-certifications à l’échelle régionale ouvre par ailleurs le débat sur la nécessité d’un cadre national, afin de soutenir la coordination de projets impliquant des acteurs aux fonctionnements variés. Ce constat a également été partagé par Adrian Gerber, Délégué à l’intégration professionnelle des personnes au bénéfice du statut S.

La journée s’est poursuivie par la visite de la Maison des religions, remarquable exemple de dialogue interculturel. Ce lieu unique rassemble une dizaine de religions partageant un même espace de culte et d’échange. Cette cohabitation les invite en permanence à réfléchir aux équilibres entre compromis et respect de leurs pratiques religieuses. Ce dialogue continu favorise la tolérance, le respect des différences et une meilleure compréhension mutuelle.

Un apéritif convivial est venu clôturer cette journée riche en réflexions, en rencontres et en échanges. Nous nous réjouissons d’ores et déjà de la prochaine édition.

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Publication du rapport annuel 2025

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Colloque national, formations, échanges avec des Conseillers fédéraux, création d’une nouvelle communauté d’intérêt : l’année 2025 a été rythmée par de nombreux temps forts et le nouveau rapport annuel publié le prouve. Un moment particulièrement marquant pour la vie de notre association a été le passage de relais à la présidence entre Irène Kälin et Giorgio Fonio.

Notre rapport annuel 2025 revient sur les principaux jalons de l’année et dresse le bilan des activités menées par l’association faîtière. Nous remercions chaleureusement nos membres, ainsi que le SEM et le SECO, pour leur soutien. Grâce à cet appui, nous pouvons poursuivre notre mission en faveur de la professionnalisation, de la qualité et de la défense des intérêts de la branche.

Vers le rapport

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Coupures budgétaires fédérales

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Raboter mais pas supprimer – un soulagement en demi-teinte

Le Conseil des États a validé le compromis adopté par le Conseil national : le budget fédéral consacré à la formation continue sera réduit de 20 %, passant de 19 à 15 millions de francs. Malgré cette réduction, il s’agit d’un succès pour le secteur de la formation continue. Insertion Suisse s’est engagée au Parlement pour éviter la suppression totale du financement des compétences de base prévue par le Conseil fédéral. AIS déplore toutefois des mesures qui affaiblissent les conditions-cadres de l’insertion en Suisse, notamment dans le domaine de l’asile, où la réduction de la durée des forfaits globaux risque de compromettre les efforts d’intégration.

Un compromis qui évite le pire

Le Conseil fédéral proposait de supprimer entièrement le financement fédéral de la formation continue. Le Parlement a finalement opté pour une réduction partielle. Le budget passe ainsi de 19 à 15 millions de francs, résultat d’un compromis entre le Conseil des États, qui plaidait pour une baisse à 10 millions, et le Conseil National, qui refusait toute diminution.

Malgré une diminution de 20 %, cette décision envoie un signal important en faveur de la formation continue et des compétences de base. Elle permet de préserver un soutien fédéral indispensable au maintien des offres existantes. Ce résultat est également le fruit du travail de sensibilisation mené au Parlement par l’Alliance pour la formation continue, au sein de laquelle Insertion Suisse s’est engagée activement.

Les compétences de base, un levier essentiel de l’employabilité

Le financement fédéral de la formation continue soutient le développement d’offres destinées aux adultes ayant des lacunes en compétences de base. Ces compétences constituent un facteur déterminant pour le maintien en emploi et l’insertion socioprofessionnelle.

L’étude PIAAC publiée en décembre 2024 révèle que 1,6 million d’adultes en Suisse disposent de compétences insuffisantes en lecture, mathématiques du quotidien et en résolution de problèmes. Ces lacunes sont associées à une participation réduite au marché du travail et à des perspectives professionnelles plus limitées.

Fragilisation des structures d’offre

La réduction de 20 % des moyens fédéraux fragilise néanmoins les structures d’offre existantes. Les cantons pourraient ne pas être en mesure de compenser le désengagement de la Confédération, ce qui entraînerait un recul des offres destinées aux personnes les plus vulnérables sur le marché du travail.

Si le scénario le plus radical a été évité, cette décision ouvre une période d’incertitude pour les acteurs de la formation et de l’insertion.

Intégration des personnes réfugiées : des délais irréalistes

Dans le domaine de l’asile, le programme de coupures budgétaires prévoit également de limiter à cinq ans la durée maximale des contributions fédérales versés aux cantons sous forme de forfait globaux. Insertion Suisse déplore cette mesure.
Plutôt que de générer de réelles économies, cette décision risque d’entraîner un transfert de charges vers les cantons et les communes, qui ne seront pas toujours en mesure d’absorber ces coûts supplémentaires.

Comme le souligne la Conférence Suisse des Délégués à l’Intégration (CDI), cette orientation entre en contradiction avec la politique menée dans le cadre de l’Agenda Intégration Suisse. Celle-ci repose sur l’apprentissage de la langue, la qualification et une insertion professionnelle durable. Or une intégration pérenne nécessite du temps, des compétences et un accompagnement adapté. Une approche qui vise en priorité à raccourcir la durée des contributions fédérales des forfaits globaux met en péril ces objectifs.

Une évolution préoccupante

Insertion Suisse estime que ces mesures risquent d’affaiblir les dispositifs de qualification, d’intégration et de participation au marché du travail. Les économies immédiates pourraient ainsi entraîner des coûts sociaux et économiques plus élevés à moyen et long terme.
AIS poursuivra, avec ses partenaires, son engagement en faveur de conditions-cadres solides pour l’insertion socioprofessionnelle.