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Elisabeth Alfs-Lapraz

Insertion professionnelle et réforme de l’AI

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Le 11 février 2026, le Conseil fédéral a défini les lignes directrices de la prochaine réforme de l’assurance-invalidité (AI), dite « réforme d’intégration ». L’objectif affiché est clair : maintenir les personnes en emploi autant que possible et, lorsque ce n’est pas possible, renforcer une (ré)insertion plus rapide et plus efficace.

Trois orientations qui concernent directement les acteurs de l’insertion

Pour le secteur de l’insertion socioprofessionnelle, plusieurs axes annoncés méritent une attention particulière. D’abord, la création d’une nouvelle prestation d’intégration destinée aux jeunes adultes (18–25 ans), visant à agir plus tôt et de manière plus ciblée. Ensuite, un meilleur accès aux formations initiales et continues financées par l’AI, avec l’enjeu de consolider des parcours menant à une qualification reconnue et à l’emploi. Enfin, le Conseil fédéral évoque la nécessité d’un financement durable et indique qu’une hausse des cotisations salariales de 0,1 à 0,2 point de pourcentage pourrait être envisagée si les mesures prises ne suffisent pas à stabiliser la situation financière de l’assurance.

Pourquoi cette réforme est centrale pour l’insertion socioprofessionnelle ?

Les tendances récentes expliquent la priorité donnée à l’intégration. Chez les 18–24 ans, le nombre de nouvelles rentes pour 100’000 habitant·e·s est passé de 290 à 430 entre 2014 et 2024, ce qui confirme une dynamique préoccupante pour les transitions école-formation-emploi et l’entrée sur le marché du travail.
Parallèlement, la statistique de l’AI montre qu’en 2024, 48,76% des nouvelles rentes sont liées à des atteintes psychiques — soit près d’une sur deux.
Enfin, le contexte de santé au travail pèse aussi sur la capacité de maintien en emploi : selon le Baromètre Conditions de travail 2025 de Travail.Suisse, 42,4% des salarié·e·s déclarent être souvent ou très souvent stressé·e·s au travail.

La position d’Insertion Suisse : trois exigences pour une réforme utile au terrain

Insertion Suisse (AIS) suivra cette réforme de près, car ses choix de conception auront des effets directs sur la pratique de l’accompagnement et sur les transitions vers la formation et l’emploi. Pour AIS, l’enjeu sera décisif sur trois points :

  • Concevoir la nouvelle prestation d’intégration de manière pragmatique et adaptée aux besoins du terrain, avec des objectifs clairs et des transitions solides vers la formation et l’emploi.
  • Renforcer l’intégration sans créer d’obstacles indirects à l’accès aux prestations, afin d’éviter des effets de seuil ou des mécanismes dissuasifs.
  • Intégrer la prévention et la question des conditions de travail dans la logique de réforme, pour soutenir durablement le maintien en emploi.

Prochaines étapes : consultation d’ici fin 2026

Selon le Conseil fédéral, le Département fédéral de l’intérieur (DFI) préparera un avant-projet qui doit être soumis à consultation d’ici fin 2026. AIS, avec ses partenaires, prendra position afin de défendre des conditions-cadres optimales en faveur d’une insertion durable et du maintien des personnes en emploi.

Les messages clés du colloque national d’Insertion Suisse

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À retrouver dans la revue spécialisée « Aide sociale »

La revue spécialisée Aide sociale (CSIAS) consacre un article aux principaux enseignements et réflexions du colloque national d’Insertion Suisse 2025 consacré à l’évaluation de l’impact dans l’intégration socioprofessionnelle.

Plus de 250 professionnel·le·s s’étaient réunis pour discuter des approches possibles, des défis méthodologiques et des opportunités pour renforcer l’impact des mesures d’insertion professionnelle.

L’article rappelle que l’impact ne se limite pas au retour à l’emploi, mais englobe aussi des effets essentiels à long terme : stabilisation de la situation de vie, structuration du quotidien, renforcement de la confiance en soi, ou encore évolution de la santé. Il souligne également l’importance d’impliquer les acteur·rice·s de terrain et les personnes accompagnées, et de concevoir les offres « à partir de leurs effets ».

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Évaluer l’impact de l’insertion socioprofessionnelle

Début septembre, Insertion Suisse consacre son colloque 2025 aux défis d’une évaluation d’impact systématique des mesures d’insertion socioprofessionnelle. Interview de Sepala Megert, secrétaire général de la faîtière.

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Découvrez l’article sur la revue Reiso en cliquant ici.

Message vidéo du Conseiller fédéral Beat Jans

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A l’attention de la branche de l’insertion

« Vous construisez des ponts pour surmonter les barrières linguistiques et sociales. Et vous soutenez des personnes qui ont vécu des expériences traumatisantes. Grâce à vous, beaucoup d’entre elles trouvent leur place dans notre société et sur le marché du travail. Je vous remercie du fond du cœur pour votre engagement ! »

C’est par ces mots que le Conseiller fédéral Beat Jans s’est adressé aux représentations régionales d’Insertion Suisse dans son message vidéo à l’occasion de l’Assemblée des délégué·e∙s 2025. Il souligne ainsi la force et la valeur du travail accompli par notre branche.

La collaboration d’Insertion Suisse avec le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) permet d’organiser tout au long de l’année des formations et des échanges de pratiques pour améliorer l’insertion professionnelle des personnes migrantes.

Le compte rendu de l’Assemblée des délégué∙e∙s est à retrouver ici.

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Contre-projet à l’initiative pour l’inclusion

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Un pas dans la bonne direction — mais l’insertion professionnelle ne doit pas être oubliée

Insertion Suisse soutient les objectifs de l’initiative pour l’inclusion et du contre‑projet indirect du Conseil fédéral. Toutefois, l’inclusivité d’une société ne se construit pas uniquement par l’accès au logement, à l’assistance et à des moyens auxiliaires. Le travail et la formation sont indispensables pour que les personnes handicapées puissent développer leur potentiel, vivre de manière autonome et participer à la vie sociale sur un pied d’égalité.

Formation et travail : conditions indispensables à l’autonomie

Si l’objectif est de garantir les conditions optimales à l’autonomie de la personne, l’accès à la formation et au travail est crucial. Ces deux leviers favorisent l’indépendance économique, la reconnaissance sociale et une participation pleine et entière à la société. Or, l’analyse d’Insertion Suisse montre que les domaines du travail et de la formation ne sont pas ancrés dans le contre‑projet indirect du Conseil fédéral.

Inclure l’accès au marché du travail des personnes en situation d’handicap dans la Constitution

Insertion Suisse soutient expressément l’idée d’inclusion mais souligne que celle‑ci reste incomplète sans insertion professionnelle. AIS appelle à ce que le marché du travail soit réellement accessible à toutes et tous, et demande :

  • des bases juridiques claires garantissant l’accès à la formation et au travail ;
  • des mesures de soutien ciblées pour les personnes en situation de handicap afin de supprimer les obstacles à leur entrée ou maintien sur le marché du travail ;
  • des adaptations structurelles chez les employeurs et dans les établissements de formation pour que les parcours soient conçus de façon inclusive ;
  • l’intensification de l’insertion professionnelle et de l’emploi accompagné – deux passerelles éprouvées pour une insertion réussie ;
  • une plus grande perméabilité entre le marché du travail ordinaire et le marché complémentaire, avec retour possible et accompagnement flexible ;
  • un financement coordonné des prestations de soutien, des normes minimales claires et un rôle actif de la Confédération dans la coordination intercantonale ;
  • la garantie de la qualité auprès de tous les prestataires — avec le label IN‑Qualis d’Insertion Suisse comme base de référence.

En bref

Insertion Suisse se réjouit que l’initiative pour l’inclusion et son contre‑projet indirect mettent davantage l’accent sur l’égalité des personnes handicapées dans le débat politique. Toutefois, du point de vue de l’insertion sociale et professionnelle, il est essentiel que les bases juridiques soient également orientées vers une participation autonome au marché du travail et à la vie en société.

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Assemblée des délégués au Parlement fédéral

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Le dernier jour de la session d’automne, les délégué∙e∙s d’Insertion Suisse se sont réunis sous la Coupole fédérale à Berne, à l’invitation du Président et Conseiller national Giorgio Fonio. Les régions de Genève, Berne, Vaud, Neuchâtel et Suisse orientale étaient représentées, soulignant l’ancrage national de notre réseau.

Un message de soutien du Conseil fédéral

Bien qu’empêché d’être présent, le Conseiller fédéral Beat Jans a adressé un message vidéo aux représentant∙e∙s de l’insertion :

« Les défis sont grands, mais votre savoir-faire est encore plus grand. Faites entendre votre voix, partagez vos idées et créez des réseaux via votre secrétariat général d’AIS, avec lequel le SEM est en contact régulier. »

Ces mots rappellent le soutien du Conseil fédéral et l’importance d’une collaboration forte à l’intérieur de la branche pour assurer une insertion réussie et durable des personnes relevant de l’asile.

Les enjeux discutés :

  • Les projets politiques en cours au niveau fédéral, notamment les révisions de l’assurance-invalidité, les projets concernant l’assurance-chômage, les coupures budgétaires et l’initiative sur l’inclusion
  • L’indexation du financement des MMT au renchérissement du coût de la vie, dont le projet est en cours auprès du SECO. Les régions ont également discuté du système de financement actuel, qui incite les Cantons à ne pas utiliser 100 % du plafond mis à disposition par le SECO ;
  • On observe une tendance croissante des cantons à soumettre les organismes d’insertion socioprofessionnelle à la loi fédérale sur les marchés publics, alors même que celles-ci sont en principe prévues comme des exceptions. Cela entraîne une charge administrative accrue pour les acteurs de l’insertion tout comme pour l’administration cantonale, un risque d’exclusion des structures à but non lucratif et une menace pour la diversité des offres. Les régions ont rappelé que la diversité et la spécificité des dispositifs sont essentielles pour répondre aux besoins variés des groupes cibles.

Les discussions ont mis en lumière la nécessité de mobiliser les régions pour que la branche puisse faire entendre sa voix de manière unie, d’investir les espaces de coordination intercantonaux et de renforcer notre communication en chiffrant l’impact économique de la déstabilisation induite par les appels d’offres sur les structures, leur collaborateur∙rice∙s et les bénéficiaires.

Résultats de recherche

La deuxième partie de l’Assemblée a été consacrée à l’intervention de Michael Marti sur les différences de genre dans l’intégration des migrant·e·s. Michael Marti a souligné l’importance d’une approche systématique et ciblée envers les migrantes, incluant la garde d’enfants, l’orientation adaptée et la sensibilisation aux besoins spécifiques liés au genre. Les discussions qui ont suivi sa présentation ont mis en lumière l’expérience du terrain qui montre que la création d’espaces réservés aux femmes favorise l’apprentissage linguistique, la formation et la constitution de réseaux de soutien. Malheureusement, ces programmes sont souvent considérés comme des dispositifs bas seuil et se retrouvent bien souvent sous-financés.

Une Assemblée au cœur de la démocratie

Au-delà des discussions, les représentants des régions ont eu le droit à une visite guidée du Parlement fédéral par Giorgio Fonio ponctuée d’anecdotes sur ce temple de la démocratie suisse.

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Coup de projecteur sur la rencontre au somment avec le Conseiller fédéral Guy Parmelin

Articles Coup de projecteur

En marge du colloque national du 3 septembre, une délégation d’Insertion Suisse a reçu le Conseiller fédéral Guy Parmelin pour un échange constructif autour des défis actuels du marché du travail et du rôle stratégique de l’insertion socioprofessionnelle.

L’objectif de cette rencontre était triple : renforcer les liens institutionnels, faire connaître l’expertise de la faîtière et sensibiliser aux apports concrets de la branche dans la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre.

Les représentants d’Insertion Suisse – Giorgio Fonio (Président), Stéphane Manco (Vice-président), Caroline Morel (Membre du comité) et Sepala Megert (Secrétaire général) – ont rappelé la capacité du réseau à mobiliser des solutions innovantes, ancrées dans les réalités du terrain. Ils ont souligné leur volonté de contribuer activement à la mise en œuvre de la stratégie SPE 2030, notamment en étant davantage impliqués dans les échanges entre la Confédération et les Cantons.

Le Conseiller fédéral a salué la qualité des relations entre le SECO et Insertion Suisse, et réaffirmé que l’insertion professionnelle constitue un pilier essentiel, aux côtés de la robotisation et de l’immigration ciblée, pour faire face aux transformations du marché de l’emploi.

Avec une société en mutation rapide et près de 400’000 travailleurs qui seront appelés à manquer d’ici dix ans, il est essentiel que la branche de l’insertion professionnelle, les autorités politiques ainsi que les acteurs du premier marché du travail collaborent de manière étroite pour identifier des réponses efficaces.

Des solutions concrètes contre la pénurie de main-d’œuvre

Un exemple mis en avant par la délégation illustre le potentiel de la branche : dans le canton de Vaud, les organisations d’insertion collaborent avec les associations professionnelles et les offices cantonaux de l’emploi pour développer des formations courtes et orientées vers la pratique.

Dans le domaine de la transition énergétique, des programmes ont ainsi été créés pour préparer rapidement des demandeurs d’emploi à occuper des postes dans les énergies renouvelables. De tels modèles pourraient être reproduits dans d’autres secteurs en tension.

« La Confédération et les cantons devraient soutenir activement ce type d’initiatives. Elles permettent de remettre rapidement des personnes en emploi tout en soulageant les entreprises », souligne Stéphane Manco, vice-président d’Insertion Suisse et directeur de Démarche.

Cette rencontre marque une étape importante dans la reconnaissance fédérale du rôle joué par la branche. Insertion Suisse se réjouit de poursuivre le dialogue dans un avenir proche, notamment dans le cadre de futurs événements nationaux.

Echanges à Tarnos : insertion et développement territorial au cœur des pratiques

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Les 8 et 9 septembre 2025, une délégation de la Commission Romande pour l’Insertion par l’Économique (CRIEC) s’est rendue à Tarnos, dans les Landes, pour un échange de pratiques franco-suisse placé sous le signe de la collaboration et de l’innovation. Grâce à l’accueil du Pôle Territorial de Coopération Économique (PTCE) Sud Aquitaine et du Comité de Bassin d’Emploi (CBE) du Seignanx, cette immersion a permis de découvrir des initiatives concrètes qui articulent insertion professionnelle et développement économique local.

Des clauses sociales pour développer l’économie solidaire

L’un des axes forts de la visite a porté sur la clause d’insertion, un outil bien implanté sur le territoire du Seignanx, en particulier dans le secteur de la construction. Grâce à une mobilisation conjointe des autorités locales, des entreprises et des acteurs de l’insertion, des milliers d’heures de travail peuvent mises à disposition en faveur de personnes éloignées de l’emploi. Ce dispositif, véritable levier de transformation, permet de structurer des filières économiques tout en favorisant l’inclusion.

Le territoire a également expérimenté une innovation complémentaire : la clause de promotion de l’emploi, qui engage, au moment d’un appel d’offre public, les entreprises à créer des actions de découverte des métiers ou d’immersion, au-delà du seul secteur du bâtiment.

Ces pratiques montrent que l’insertion peut être pensée non pas seulement comme un outil de lutte contre le chômage, mais aussi comme un vecteur de développement territorial, à condition que les acteurs politiques, économiques et associatifs travaillent dans une vision commune.

Le restaurant interentreprise Eole : un exemple concret et structurant

Parmi les structures particulièrement inspirantes visitées, Eole – restaurant interentreprise mérite une mention spéciale. Cette cuisine prépare chaque jour 7’000 repas, dont une partie est destinée à la livraison aux personnes âgées ou dépendantes. environ 15 personnes y sont employées et accompagnées via des contrats d’insertion spécifiques, tout en bénéficiant d’un salaire conforme au CCT sur une durée pouvant aller jusqu’à 2 ans.

Le modèle d’Eole illustre parfaitement comment une structure peut combiner exigence économique (production / distribution de repas à grande échelle) et mission sociale, en offrant une activité professionnelle à des personnes avec des profils atypiques ou éloignées du marché du travail.

Une dynamique collective structurée

Ce séjour a également permis de rencontrer un écosystème local dense : la ferme solidaire de l’Écolieu Lacoste, le chantier du restaurant interentreprises Eole, la légumerie territoriale, le centre de formation PERF, ou encore les coopératives d’activité comme Interstices, qui soutiennent les porteurs de projet dans une logique inclusive et mutualisée.

La table ronde publique du 9 septembre, intitulée « Une place pour chacun·e : une affaire personnelle ou un enjeu de territoire ? », a rassemblé une quarantaine de partenaires et permis de croiser les regards France/Suisse autour de la place de la participation des bénéficiaires, des enjeux de financement et des évaluations de dispositifs d’insertion.

Et après ?

Les échanges se poursuivront entre la CRIEC et les partenaires français, avec l’envie commune de nourrir mutuellement les pratiques. Cette visite renforce la conviction que des solutions territoriales peuvent répondre à des enjeux systémiques, dès lors qu’elles s’appuient sur l’engagement des acteurs du terrain, la vision politique et l’innovation sociale.

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Insertion professionnelle : la nécessité de partager les bonnes pratiques

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«On leur impose de travailler, mais on leur refuse l’accès au marché de l’emploi». Une sentence pour décrire le paradoxe de l’insertion professionnelle des personnes issues de l’asile auquel sont confronté·es celles et ceux qui s’activent à mettre en lien les candidat·es à l’emploi et le monde du travail. Le 6 mai 2025, une vingtaine de spécialistes de l’insertion venus de toute la Suisse romande ont participé à l’atelier Réfugié·es & emploi: au-delà des idées reçues animé par asile.ch et organisé par Insertion Suisse. L’occasion d’échanger autour des freins et les leviers à l’embauche des personnes issues de l’asile en Suisse.

Retrouvez l’article complet de Valentine Schmidhauser sur le site d’asile.ch

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Faciliter l’accès au marché du travail pour les bénéficiaires du statut S

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Insertion Suisse salue les propositions du Conseil fédéral tout en appelant à des ajustements

Le Conseil fédéral a mis un projet en consultation dans le but d’améliorer l’accès au marché du travail des personnes bénéficiant d’un statut de protection S et de faciliter l’admission des ressortissant·e∙s d’États tiers formé·e∙s en Suisse. Insertion Suisse salue globalement les adaptations proposées, mais appelle à des ajustements concrets pour garantir l’efficacité des mesures sur le terrain.

Les modifications principales qui touchent le secteur de l’insertion professionnelle :

  • Obligation d’annonce en lieu et place de l’obligation d’autorisation
  • Changement de canton autorisé, sous conditions, pour les personnes au bénéfice d’un statut S exerçant une activité lucrative
  • Obligation d’annonce au service public de l’emploi (SPE)
  • Obligation de participation aux mesures d’insertion
  • Prolongation facilitée des programmes d’intégration cantonaux (PIC)

Obligation d’annonce en lieu et place de l’obligation d’autorisation

À l’instar des personnes réfugiées admises à titre provisoire, les personnes au bénéfice d’un statut S ne seront plus soumises à l’obligation d’autorisation de travail mais uniquement à une obligation d’annonce. Les délais parfois longs nécessaires au traitement des autorisations entraînent des retards et constituent un frein à l’employabilité. Du point de vue d’AIS, le remplacement de l’obligation d’autorisation par une simple obligation d’annonce permet de supprimer un obstacle administratif inutile et de faciliter effectivement l’accès à l’emploi pour les personnes bénéficiant d’un statut de protection S.

Changement de canton trop restrictif

Insertion Suisse salue le principe d’un droit au changement de canton pour les personnes actives, mais déplore des conditions d’accès trop strictes (durée de contrat, indépendance totale de l’aide sociale, temps de trajet de 90 minutes). Elle recommande un abaissement du seuil à une heure de trajet et une approche plus souple en cas de dépendance partielle à l’aide sociale.

Obligation d’annonce au service public de l’emploi (SPE)

À l’avenir, les services sociaux seront tenus d’annoncer les personnes sans emploi au bénéfice d’un statut de protection S au service public de l’emploi (SPE). AIS salue la volonté de renforcer la collaboration entre les offices régionaux de placement (ORP) et les services sociaux. Toutefois, ce changement ne suffit pas, à lui seul, à encourager l’activité professionnelle des personnes ayant le statut S. Les collaborateurs des ORP gèrent actuellement jusqu’à 180 dossiers de personnes en recherche d’emploi. Avec la mise en œuvre de l’obligation d’annonce, il faudrait impérativement mettre à disposition des pourcentages de postes suffisants pour assurer un accompagnement efficace. Dans le cas contraire, le risque est grand de produire un travail à vide, frustrant pour toutes les parties.

Obligation de participation aux mesures d’insertion

Insertion Suisse est, en principe, d’accord avec le fait que les personnes en quête de protection ayant le statut S puissent également être obligées de participer à des « mesures visant à l’insertion et à la réinsertion professionnelles ». Toutefois, le manque ou le coût élevé des structures de garde d’enfants est souvent cité comme un obstacle à l’insertion sur le marché du travail des jeunes parents réfugiés. Obliger à participer à une mesure d’insertion sans tenir compte des conditions de vie individuelles est contre-productif. Il est nécessaire de procéder, en amont, à une évaluation du potentiel qui tienne compte de ces conditions, et de disposer d’un personnel spécialisé suffisamment formé pour le faire.

Facilitation de l’admission des diplômé·e·s étrangers formés en Suisse

AIS salue les adaptations qui permettront aux ressortissant·e·s de pays tiers, titulaires d’une formation professionnelle ou d’un post-doc en Suisse, de rester sur le territoire. C’est un signal positif pour la valorisation de la formation suivie en Suisse.

Prolongation facilitée des programmes d’intégration cantonaux (PIC)

AIS salue la possibilité prévue de prolonger les programmes d’intégration cantonaux (PIC) en cours. Cela permet de limiter la charge administrative pour la Confédération et les cantons en cas de prolongation des PIC, et d’éviter une procédure de dépôt complexe.

Pour faciliter la réussite dans l’insertion, les conditions doivent suivre

Les modifications prévues dans le projet du Conseil fédéral sont réjouissantes. Néanmoins, Insertion Suisse insiste sur la nécessité d’un accompagnement adapté, assuré par un nombre suffisant de professionnel·le·s bien formé·e·s. Sans cela, l’objectif de favoriser l’activité professionnelle des personnes relevant de l’asile risque de se heurter à des obstacles structurels, en particulier pour les jeunes parents.

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