Insertion Suisse alerte sur les conséquences pour l’insertion socioprofessionnelle
De manière directe, les mesures d’insertion socioprofessionnelle ne sont pas touchées par le projet de coupes budgétaires du Conseil fédéral. Toutefois, les réductions prévues auront des effets délétères sur les perspectives d’insertion des personnes les plus fragilisées en Suisse. Insertion Suisse alerte sur les conséquences sociales et structurelles de ces choix.
Réduction du forfait global dans le domaine de l’asile
Dès 2028, près de 700 millions de francs pourraient être économisés à travers cette mesure. Concrètement, la Confédération limiterait son soutien aux Cantons à quatre ans au lieu de 5 ou de 7 actuellement pour les personnes réfugiées, admises à titre provisoire ou à protéger – sans tenir compte de leur parcours d’intégration.
Une telle mesure contrevient à l’Agenda Intégration Suisse, reporte les coûts sur les cantons et compromet les parcours d’insertion durables — en particulier pour les personnes confrontées à des obstacles linguistiques ou éducatifs. L’insertion a besoin de temps, de qualité et de continuité. Economiser sur ce point, c’est non seulement mettre en danger les perspectives de vie des personnes en fuite, mais c’est aussi risquer un recul de la cohésion sociale, de l’équité de la formation et de l’insertion sur le marché du travail pour l’ensemble de la société.
Suppression du financement des compétences de base des adultes
Alors qu’environ 1,67 million de personnes en Suisse présentent des lacunes importantes en lecture, mathématiques ou TIC, le retrait de la Confédération mettrait fin à des programmes essentiels pour leur employabilité. Les coûts économiques de l’illettrisme sont estimés à 1,3 milliard de francs par an.
Ces offres – souvent à bas seuil – permettent à des adultes peu qualifiés ou en situation de précarité d’acquérir les savoirs fondamentaux nécessaires à toute formation de base et donc à une insertion durable sur le marché du travail.
Economie dans l’accueil extrafamilial
À ces mesures s’ajoute la réduction des subventions pour l’accueil extrafamiliale. La garde d’enfant représente déjà un défi pour de nombreuses familles et un obstacle à l’insertion sur le marché du travail. Economiser dans ce secteur fragilise encore davantage la participation, déjà difficile, des jeunes parents — notamment des mères — aux mesures d’insertion professionnelle. Une offre d’accueil accessible est pourtant une condition indispensable à l’insertion.
Suppression des subventions aux organisations de formation continue (OFC)
Insertion Suisse s’oppose également à la suppression des subventions aux organisations de formation continue (OFC) et à l’introduction d’un plafond rigide de 50% pour les aides fédérales. Ces changements risquent d’affaiblir durablement l’écosystème de la formation, essentiel à l’insertion des personnes peu qualifiées, âgées ou issues de la migration.
Le Parlement débattra de ces coupures budgétaires en automne 2025. D’ici là, Insertion Suisse et ses partenaires se mobilisent pour convaincre les acteurs politiques de ne pas mettre en péril les instruments essentiels à l’insertion socioprofessionnelle des personnes les plus fragiles en Suisse.