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Elisabeth Alfs-Lapraz

Eclairage sur la réforme d’intégration de l’AI

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Clarifier les interfaces et sécuriser les transitions

Avec la réforme d’intégration prévue, le Conseil fédéral entend renforcer l’insertion et la réinsertion des assurés AI sur le marché du travail. Un élément central est la nouvelle prestation d’intégration destinée aux jeunes adultes de 18 à 25 ans. Elle s’adresse aux personnes présentant un potentiel d’intégration, mais dont l’état de santé ne leur permet pas encore de participer à des mesures d’insertion professionnelle. Sont prévues une prestation en espèces ainsi qu’un accompagnement individualisé des personnes concernées et de leur entourage (Lignes directrices de la réforme de l’AI : Le Conseil fédéral définit les lignes directrices de la prochaine réforme de l’AI).

C’est précisément là que réside, du point de vue d’Insertion Suisse, un enjeu central pour la poursuite de l’élaboration de la réforme : la phase précédant les mesures professionnelles doit être clairement définie. Durant cette période de transition, les jeunes ont besoin de stabilisation, d’une structure quotidienne, de participation sociale, de coaching, d’une clarification de leurs perspectives et d’une préparation progressive à la formation ou au travail. De nombreuses organisations d’insertion sociale et professionnelle fournissent déjà aujourd’hui de telles prestations. Elles disposent d’une expérience dans l’accompagnement de personnes qui ne sont pas encore en mesure d’intégrer directement le marché du travail, mais qui peuvent progresser avec un soutien adapté.

S’appuyer sur les mesures de réinsertion existantes

Le nouvel aperçu de l’Office fédéral des assurances sociales sur les activités de réadaptation en 2025 montre que l’AI dispose déjà aujourd’hui d’un instrumentarium différencié. Près de 14’900 personnes ont participé en 2025 à des mesures de réinsertion au sens de l’art. 14a LAI, pour un coût total de 212 millions de francs. Depuis leur introduction en 2008, le recours à ces mesures n’a cessé d’augmenter ; le développement continu de l’AI entré en vigueur en 2022 et l’extension de ces mesures aux adolescents et aux jeunes adultes ont entraîné une nouvelle hausse.

La nouvelle prestation d’intégration ne doit donc pas être envisagée isolément.

Des interfaces claires sont déterminantes entre les offices AI, les services sociaux, les établissements de formation, les professionnel·le·s de la santé, les employeurs et les organisations d’insertion professionnelle. Des transitions clairement définies sont tout aussi nécessaires : de la stabilisation sociale aux mesures d’ordre professionnel de l’AI, en passant par des offres de réinsertion préparatoires.

Le volet consacré à la formation est également important. Le Conseil fédéral prévoit d’améliorer l’accès aux formations initiales et continues financées par l’AI. Il s’agit notamment de mieux soutenir les jeunes, les personnes peu qualifiées et celles à bas revenu, qui remplissent aujourd’hui difficilement les critères pour une reconversion professionnelle. L’objectif est de mieux préparer les assurés aux exigences du marché du travail et d’accroître leurs chances d’une insertion durable.

Le lien entre intégration sociale, qualification et insertion professionnelle revêt ainsi une importance particulière.

Insertion Suisse entend apporter à ce débat l’expérience de ses membres : ils savent comment l’accompagnement, le développement des compétences, la proximité avec le marché du travail et le soutien individualisé doivent s’articuler pour que les transitions réussissent.

La réforme comprend également la stabilisation financière de l’AI. Selon le Conseil fédéral, toutes les mesures possibles doivent d’abord être prises afin d’éviter qu’un financement supplémentaire ne soit nécessaire. Si cela ne suffit pas, le Conseil fédéral propose une augmentation des cotisations salariales de 0,1 à 0,2 point de pourcentage. Il convient en outre d’examiner comment garantir à court terme les liquidités de l’AI si sa situation financière devait se détériorer plus rapidement que prévu.

À l’occasion de cet anniversaire, plusieurs regards complémentaires ont permis de retracer le parcours de la norme et d’interroger son rôle actuel et futur. Un grand merci à Stéphane Manco pour son récapitulatif historique, à Alain Bolomey pour sa perspective en tant que mandant, à Ingrid Artieda pour son regard d’organisation certifiée, à Sophie Gremaud pour la perspective de la Confédération ainsi qu’à Corinne Dettwiler, experte et auditrice de la norme.

Pour Insertion Suisse, une chose est donc claire : la Réforme d’intégration n’est pas seulement un projet relevant de la politique des assurances sociales. Elle constitue également une occasion de rendre visibles les prestations de l’insertion professionnelle et de renforcer la collaboration entre les différents systèmes. Notre secteur ne veut pas rester spectateur, mais participer activement – afin que les jeunes adultes soient accompagnés suffisamment tôt, que les transitions ne soient pas laissées au hasard et que l’intégration sociale et l’insertion professionnelle s’articulent mieux.

IN-Qualis fête ses 20 ans

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Deux décennies au service de la qualité dans l’insertion

2026 marque une étape importante pour IN-Qualis : la norme de qualité dédiée au domaine de l’insertion célèbre ses 20 ans. A cette occasion, 40 personnes se sont réunies le 3 septembre à Lausanne pour revenir sur son évolution, ses spécificités et les principes qui ont façonné son développement.

L’histoire d’IN-Qualis débute en 2005, lorsque le secteur de l’insertion décide de prendre lui-même l’initiative et de définir des exigences de qualité adaptées à ses réalités, avant qu’un organisme externe ne s’en charge. Le modèle a ainsi été développé par et pour les professionnel·le·s de l’insertion.

Initialement conçue pour les mesures du marché du travail, la norme a progressivement évolué pour pouvoir être appliquée à l’ensemble des domaines de l’insertion. Les révisions menées en 2010, 2018 et 2024, avec l’implication des différentes parties prenantes, ont permis d’adapter régulièrement ses exigences aux évolutions du terrain.

Pour Stéphane Manco, vice-président d’Insertion Suisse, directeur de Démarche et acteur historique du développement de la norme, cette démarche conserve avant tout une finalité profondément humaine :

« La qualité, dans notre domaine, n’est jamais une fin en soi. Elle est un moyen de mieux servir l’humain. »

Une conviction qui reflète l’ambition d’IN-Qualis : structurer et améliorer les pratiques tout en gardant au centre les personnes accompagnées.

Aujourd’hui, IN-Qualis est une norme modulaire accréditée par le Service d’accréditation suisse (SAS). Sa conception flexible permet notamment la substitution de certains modules par ISO 9001 et eduQua, afin d’éviter les doublons et de faciliter les audits combinés.

Mais la valeur d’IN-Qualis réside aussi dans le langage commun qu’elle crée entre les différents acteurs de l’insertion. Comme l’a souligné Alain Bolomey, directeur général adjoint de la Direction générale de l’emploi et du marché du travail du Canton de Vaud :

« Pour avoir ce genre de conversation, il faut un vocabulaire commun — les mêmes mots pour les objectifs, les résultats, les écarts, les mesures correctrices. Et c’est précisément ce qu’IN-Qualis nous donne. À partir de là, la norme devient autre chose qu’un outil de contrôle : elle devient un support de dialogue entre le mandant et le prestataire. »

IN-Qualis ne sert ainsi pas uniquement à vérifier des exigences : la norme fournit également un cadre commun pour analyser les résultats, identifier les écarts, discuter des adaptations nécessaires et faire progresser ensemble la qualité des prestations.

Depuis sa création, 110 organisations sont aujourd’hui certifiées IN-Qualis et environ 40 certifications ou recertifications sont réalisées chaque année. Trois organismes de certification sont accrédités pour délivrer la certification.

À l’occasion de cet anniversaire, plusieurs regards complémentaires ont permis de retracer le parcours de la norme et d’interroger son rôle actuel et futur. Un grand merci à Stéphane Manco pour son récapitulatif historique, à Alain Bolomey pour sa perspective en tant que mandant, à Ingrid Artieda pour son regard d’organisation certifiée, à Sophie Gremaud pour la perspective de la Confédération ainsi qu’à Corinne Dettwiler, experte et auditrice de la norme.

20 ans après ses débuts, IN-Qualis poursuit son évolution avec une même ambition : offrir un cadre de qualité exigeant, pertinent et adapté aux réalités de l’insertion.

Aperçu de l’événement en images

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Modification des ordonnances sur l’intégration et l’activité lucrative (OIE et OASA)

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AIS salue des avancées importantes, mais demande des conditions claires de mise en œuvre

Dans le cadre de la procédure de consultation, Insertion Suisse a pris position sur les modifications proposées de l’ordonnance sur l’intégration des étrangers (OIE) et de l’ordonnance sur l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA). Du point de vue de l’association faîtière, le projet va dans la bonne direction : il peut contribuer à renforcer une insertion sociale et professionnelle plus précoce, plus ciblée et plus durable pour des populations qui en ont particulièrement besoin.

En bref

Insertion Suisse salue en particulier :

  • l’extension de la promotion de l’insertion aux personnes à protéger titulaires d’un permis de séjour et aux personnes bénéficiant du statut de protection S ;
  • la possibilité de soutenir plus tôt les personnes requérantes d’asile dans le cadre de la procédure étendue par des mesures d’insertion adaptées ;
  • la pérennisation du préapprentissage d’insertion en tant que programme fédéral (PAI);
  • l’amélioration de l’accès des personnes à protéger au marché du travail dès le déroulement de la procédure ;
  • une meilleure sécurité juridique pour les victimes et les témoins de la traite des êtres humains.

Dans le même temps, Insertion Suisse souligne que les tâches supplémentaires de promotion de l’insertion ne peuvent être mises en œuvre efficacement que si leur financement est assuré de manière suffisante et fiable. Dans le cas contraire, le soutien apporté aux nouveaux groupes cibles risque de se faire au détriment des personnes déjà bénéficiaires.

Accès aux mesures d’insertion et préapprentissage (PAI)

L’un des éléments salués par l’association faîtière est la volonté de permettre un accès plus rapide aux mesures d’insertion. Plus tôt les potentiels peuvent être identifiés, les compétences linguistiques développées et les parcours de formation ou d’emploi préparés, plus les chances d’une insertion durable augmentent. Cette logique est particulièrement importante pour toutes les personnes relevant de l’asile.

Insertion Suisse se félicite également de la transformation du préapprentissage d’intégration (PAI) en programme fédéral permanent. Cet instrument a fait ses preuves pour préparer les jeunes et les jeunes adultes réfugié·e∙s à la formation professionnelle initiale et à une insertion durable sur le marché du travail. Pour AIS, il est toutefois essentiel que ce programme reste accessible aussi aux personnes qui ne remplissent pas encore toutes les conditions pour entrer directement en apprentissage. Cela suppose de maintenir des mesures en amont, comme l’évaluation du potentiel, le coaching, le renforcement des compétences de base ou encore le soutien en cas de difficultés psychologiques ou familiales.

Besoin de conditions de mise en œuvre plus claires

Si Insertion Suisse soutient globalement le projet, elle souligne aussi plusieurs lacunes. La principale concerne le financement. L’extension des mesures d’insertion à de nouveaux groupes cibles ne pourra produire ses effets que si les moyens nécessaires sont garantis de manière suffisante. À défaut, le risque est réel que les cantons doivent arbitrer entre les publics concernés ou que le soutien aux nouvelles catégories se fasse au détriment des personnes déjà bénéficiaires.

Au-delà des moyens financiers, Insertion Suisse insiste aussi sur la nécessité de clarifier les compétences, les critères d’orientation et les modalités de mise en œuvre. Pour que les nouvelles dispositions soient efficaces dans la pratique, il faut des règles compréhensibles, applicables de manière cohérente et orientées vers l’insertion durable.

Avec cette prise de position, Insertion Suisse rappelle qu’une insertion réussie ne dépend pas uniquement d’un accès plus rapide au marché du travail, mais aussi d’un accompagnement adapté, progressif et réaliste. L’association soutient donc les avancées proposées, tout en appelant à des bases solides pour que la réforme puisse déployer pleinement ses effets.

Prise de position

Impact de l’insertion

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Dans le prolongement des réflexions menées autour du colloque national d’Insertion Suisse, nous vous invitons à découvrir trois articles et une interview consacrés à l’évaluation de l’impact dans l’insertion socioprofessionnelle.

Ces contributions rappellent un point essentiel : l’impact ne se résume pas aux chiffres. Les taux d’insertion, les sorties vers l’emploi ou les indicateurs quantitatifs sont importants, mais ils ne suffisent pas à rendre compte de la complexité des parcours.

Dans l’insertion, les effets se construisent souvent progressivement :

  • stabiliser sa situation personnelle
  • retrouver une structure journalière
  • renforcer sa confiance en soi
  • élargir son réseau
  • entrer dans une dynamique de formation ou d’emploi

Ces étapes intermédiaires sont parfois peu visibles, mais elles sont centrales.

À lire dans la revue REISO :

Un nouveau programme de réinsertion passe la rampe du Conseil national

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Lundi 27 avril, Giorgio Fonio, Conseiller national du Centre et Président d’Insertion Suisse, a défendu au Conseil national la motion 24.3639 en faveur d’un programme national « Supported Re-Entry ». Par 108 voix pour et 85 contre, l’adoption de cet objet constitue un signal politique fort en faveur des personnes qui souhaitent retrouver un emploi après plusieurs années d’interruption.

Une réponse à un besoin concret

Avec cette motion, Giorgio Fonio a porté au Parlement une réalité largement observée sur le terrain : de nombreuses personnes en recherche d’emploi, notamment après une interruption liée à des responsabilités familiales, peinent à accéder à un accompagnement adapté. Aujourd’hui, le retour à l’emploi reste souvent plus difficile pour ces personnes, en particulier lorsqu’elles ne perçoivent pas d’indemnités de chômage.

Le programme « Supported Re-Entry » propose une réponse concrète à cette situation. Inspiré du modèle « Supported Employment » destiné aux personnes de plus de 50 ans, il vise à offrir un accompagnement individualisé sur plusieurs mois, sous forme de coaching, ainsi qu’un meilleur accès au financement de la formation continue. Le projet inclut les personnes sans droit aux indemnités de chômage, qui restent souvent en marge des dispositifs existants.

« Le nouveau programme « Supported Re-Entry» doit être à bas seuil, gratuit ou assorti d’une contribution symbolique, et accessible également aux personnes qui ne bénéficient pas d’indemnités de chômage. Ces personnes doivent être traitées comme tout autre chômeur récent, car leur potentiel professionnel est bien réel. » souligne Giorgio Fonio.

Combler une lacune du système

Pour Insertion Suisse, cette motion a le mérite de nommer clairement un problème encore insuffisamment pris en compte par les politiques publiques. Elle rappelle que les instruments actuels ne répondent pas toujours aux besoins des personnes qui souhaitent reprendre une activité professionnelle après plusieurs années d’absence.

Elle s’inscrit aussi dans une logique cohérente avec les objectifs de la Stratégie du service public de l’emploi 2030, qui met notamment l’accent sur un accompagnement plus individualisé des personnes en recherche d’emploi.

Un signal politique positif

Insertion Suisse salue l’acceptation de cette motion par le Conseil national. Cette décision envoie un signal important en faveur d’une vision plus inclusive de l’insertion professionnelle, attentive aux parcours de vie, aux réalités familiales et aux besoins du marché du travail. C’est grâce à un travail politique engagé et continu que des progrès dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle sont possibles.

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Sepala Megert
Secrétaire général

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Ancrage de la formation initiale et continue dans la loi sur l’assurance-chômage (LACI)

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Réduire le chômage de longue durée et le chômage structurel en encourageant les mesures de formation initiale et continue.

Selon le communiqué de presse de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États (CSSS-E), celle-ci a donné suite, le 1er avril 2026, à l’initiative parlementaire Roduit 24.456 visant à ancrer explicitement la formation et la formation continue dans la loi sur l’assurance-chômage (LACI) par 6 voix contre 2 et 4 abstentions. La commission sœur du Conseil national (CSSS-N) avait déjà donné suite à l’initiative le 11 avril 2025 par 13 voix contre 122. L’élaboration du projet de révision incombe désormais à la CSSS-N. Insertion Suisse salue cette décision.

Extension de l’article sur le but de la LACI

L’article sur le but de la LACI en vigueur stipule que la loi vise à « prévenir le chômage imminent, à combattre le chômage existant, à favoriser l’intégration rapide et durable des assurés dans le marché du travail »3. L’initiative parlementaire 24.456 demande de compléter expressément cet objectif : à l’avenir, le chômage de longue durée et le chômage structurel devront également être empêchés par des mesures appropriées dans le domaine de la formation initiale et continue.

Pourquoi cet ajout est-il nécessaire ?

La nécessité d’agir est évidente : en 2025, 14,7 % de la population active en Suisse ne disposait que d’un diplôme du degré secondaire I. Parmi les personnes inscrites au chômage, cette proportion s’élevait à 24,0 % en décembre 2025. Dans le domaine de l’aide sociale, environ 49,5 % des personnes bénéficiaires ne disposaient que d’un diplôme de fin d’études obligatoires4.

Dans le même temps, le nombre de personnes se trouvant dans une situation de chômage de longue durée a nettement augmenté, passant de 11’177 en décembre 2023 à 20’510 en décembre 20255. Ce constat montre la nécessité grandissante d’adapter les instruments existants pour les orienter davantage vers la qualification durable.

L’assurance-chômage prévoit déjà aujourd’hui des aides à la formation pour les personnes à partir de 30 ans qui ne disposent pas de qualifications professionnelles suffisantes. Le SECO constate également dans sa stratégie öAV 20306 que la formation initiale et continue ne joue jusqu’à présent qu’un rôle secondaire dans le service public de l’emploi et qu’elle doit être considérablement renforcée. La modification de l’article fixant les objectifs de la LACI s’inscrit ainsi dans une logique cohérente : elle renforce le potentiel de la main-d’œuvre indigène et favorise une intégration durable sur le marché du travail.

Printemps 2026 – sous la coupole

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À la session de printemps, l’objet politique qui nous a le plus occupés était celui lié au paquet d’économie (25.063) prévu par le Conseil fédéral. Plusieurs mesures adoptées impacteront les conditions-cadres de l’insertion professionnelle :

  • Formation continue : 80 % du financement fédéral de la formation continue est préservé. Il passe de 19 à 15 millions de francs. Malgré cette réduction, il s’agit d’un succès pour le secteur de la formation continue. Insertion Suisse s’est engagée très activement au Parlement, aux côtés de ses partenaires de l’Alliance, pour éviter la suppression totale du financement des compétences de base initialement prévue par le Conseil fédéral.
  • Asile et intégration : La durée maximale des contributions fédérales versées aux cantons sous forme de forfait globaux est réduite de 7 à 5 ans. Initialement, le Conseil fédéral voulait la limiter à 4 ans. À l’instar de l’OSAR et du CDI, Insertion Suisse déplore des délais irréalistes d’intégration sur le marché du travail.
  • Activités extrascolaires des enfants et jeunes : Il n’y aura pas de réduction de financement fédéral, comme le prévoyait le paquet d’économie du Conseil fédéral. C’est une très bonne nouvelle pour la jeunesse.
  • Adaptation de la loi sur les subventions : La modification prévue de la loi sur les subventions, selon laquelle les aides financières fédérales doivent en principe être limitées à 50% au maximum du coût total d’une tâche encouragée a été supprimée par le Conseil fédéral lui-même. AIS salue cette décision qu’elle avait appuyée dans sa prise de position.

Les objets fédéraux suivants ont également retenu notre attention :

24.456, Ancrer de manière explicite le domaine de la formation et du perfectionnement dans la LACI, Initiative parlementaire de Roduit Benjamin (Le Centre)
Les deux commissions des Conseils ont accepté l’initiative. La CSS-N est à présent chargée d’élaborer un projet de révision de la loi en ce sens. Insertion Suisse salue cette initiative qui renforce les outils de prévention du chômage de longue durée et du chômage structurel.

25.026, Pas de Suisse à 10 millions ! Initiative populaire
Le Conseil Fédéral et le Parlement ont rejeté l’initiative. Le peuple votera sur cet objet le 14 juin 2026. Insertion Suisse recommande de rejeter cette initiative qui met en péril la prospérité de la Suisse et remet en question le droit d’asile.

25.4685, Aide sociale dans le domaine de l’asile. Supprimer les mauvaises incitations, Motion de Schwander Pirmin (UDC)
25.3302, Aide sociale dans le domaine de l’asile. Supprimer les mauvaises incitations, Motion déposée par Steinemann Barbara (UDC)
Les deux motions ont été refusées et il n’y aura pas de suite.

25.4557, Inscrire dans le droit d’asile, le droit des étrangers et le droit de la nationalité des obligations d’intégration claires pour lutter contre la violence domestique, Motion de Z’graggen Heidi (Le Centre)
Le Conseil Fédéral recommande d’adopter la motion. Le Conseil des États a approuvé l’objet et le Conseil national devra se prononcer.

25.3129, Rendre systématiquement obligatoires les mesures d’intégration pour les personnes relevant de l’asile, Postulat de Z’graggen Heidi (Le Centre)
Le Conseil fédéral recommande d’adopter le postulat. Le Conseil des Etats a approuvé l’objet et la prochaine étape consistera à établir un rapport.

25.4761, Intégration professionnelle. Garantir le financement de l’encouragement linguistique dans le domaine de l’asile, Motion de Marti Samira
Le Conseil fédéral propose d’intégrer cette proposition aux programmes d’intégration cantonaux. AIS salue cette initiative et espère que les discussions qui ont été reportées auront une issue positive.

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Assemblée des Délégué·e∙s printemps 2026

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Focus jeunesse et fond pour la formation professionnelle

Réunis le 1er avril 2026 à Berne, les Délégué·e·s des représentations régionales ont échangé sur la situation des jeunes en Suisse, en particulier sur la dégradation de leur santé psychique et aux difficultés liées à leur entrée dans le monde du travail. La rencontre a aussi permis d’aborder plusieurs sujets nationaux d’actualité politique et de mettre en lumière les changements prévus dans la révision du fond social pour la formation professionnelle.

Près de 25 participant·e∙s ont pris part à l’Assemblée des Délégué·e∙s. Les réprésentant∙e∙s des régions de Zurich, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Genève, du Valais, de Berne, du Tessin et de Suisse orientale étaient présentes. Nous avons aussi eu le plaisir d’accueillir deux invités de la Suisse centrale, région pour laquelle il n’existe pas encore de faîtière. Cette rencontre a une nouvelle fois confirmé l’importance d’un espace d’échange national pour faire circuler les informations, partager les préoccupations régionales et renforcer la voix de la branche.

Dans son mot de bienvenue, Giorgio Fonio, Président d’Insertion Suisse et Conseiller national du Centre, a rappelé le rôle essentiel de l’Assemblée des Délégué·es dans la mise en réseau des acteur·trices de l’insertion et dans la défense des enjeux du secteur à l’échelle suisse.

Actualités politiques

Juste après cette introduction, plusieurs thèmes politiques nationaux ont été présentés. Les Délégué·es ont notamment reçu des informations sur les sujets fédéraux qui touchent directement l’insertion socioprofessionnelle. Parmi eux figure l’engagement d’Insertion Suisse contre le programme de coupes budgétaires, mené avec succès au sein de l’Alliance pour la formation continue.

L’initiative parlementaire de Benjamin Roduit (24.456) a également été évoquée. Celle-ci vise à inscrire plus clairement la formation continue dans la LACI. Pour Insertion Suisse, cette évolution va dans la bonne direction, en renforçant les possibilités de prévenir le chômage de longue durée et le chômage structurel grâce à des mesures adaptées de formation et de perfectionnement.

Préoccupation autour des jeunes

La situation des jeunes a occupé une place prépondérante dans les échanges. Un constat largement partagé s’est dégagé : la santé psychique de nombreux jeunes se dégrade, avec des conséquences concrètes sur leur parcours d’insertion et leur rapport au monde du travail. Cette réalité préoccupe fortement les organisations présentes, qui observent sur le terrain des besoins croissants d’accompagnement, de coordination et de sensibilisation.

Les discussions ont aussi souligné la nécessité de mieux partager les expériences entre les régions. Les défis rencontrés ne s’arrêtent pas aux frontières cantonales. Les pratiques, les approches et les conditions-cadres gagnent donc à être discutées dans une perspective intercantonale. La réforme d’intégration de l’assurance-invalidité peut également constituer une opportunité pour le secteur de l’insertion, à condition que ses conditions-cadres soient définies en concertation avec les acteurs du terrain.

Une Commission SEMO en Romandie en réflexion

Dans le prolongement des échanges sur les jeunes, le potentiel de création d’une commission SEMO en Suisse romande est actuellement analysé. À l’image de la commission existante en Suisse alémanique, un tel espace pourrait favoriser la coordination, le partage de pratiques et l’organisation de rencontres consacrées à l’insertion professionnelle des jeunes.

SIPAC et ses conséquences

Autre sujet marquant : les conséquences de la mise à jour de SIPAC sur le versement des indemnités de chômage. Plusieurs Délégué·e∙s ont fait état de situations préoccupantes liées au non-paiement des indemnités pour de nombreux personnes assurées. Sur le terrain, ces retards compliquent fortement le travail d’insertion. Lorsque les participant·e∙s sont accaparés par leurs difficultés financières et l’accumulation de rappels de paiement, il devient plus difficile de maintenir l’attention sur leur projet professionnel.

Un éclairage sur le FONDSOCIAL

L’Assemblée a également accueilli Fränzi Zimmerli et Olivia Thoenen de SAVOIRSOCIAL, venues présenter la révision du FONDSOCIAL pour la formation professionnelle dans les métiers du social. Ce fonds finance le développement de la formation professionnelle pour le domaine social. Il concerne notamment les métiers de maître·sse socioprofessionnel·le, d’éducateur·trice ou encore de spécialiste en insertion professionnelle.

Avec la révision en cours, de nouveaux domaines seront intégrés, notamment ceux de la migration et de l’asile, de la précarité, de l’addiction ou encore de l’exécution des peines. À terme, cette évolution doit permettre davantage d’équité, afin que toutes les organisations qui bénéficient du fonds contribuent également à son financement et soient assujetties à cotisation.

Insertion Suisse remercie chaleureusement l’ensemble des Délégué·es pour leur présence, leur engagement et la richesse des échanges.

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Assemblée des membres 2026

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Micro-certification et dialogue interculturel

Temps fort de l’année, les membres d’AIS se sont réunis le 1er avril à Berne à l’occasion de l’Assemblée des membres. La partie statutaire a permis de valider les comptes, le rapport annuel ainsi que le budget 2026, et de procéder à la réélection du Comité.

Cette rencontre a également été l’occasion d’adresser de chaleureux remerciements à Caroline Morel pour son engagement au sein du Comité d’Insertion Suisse. Par la qualité de ses réflexions, elle a contribué de manière significative à façonner le développement de l’association. Nous lui souhaitons plein de succès dans ses nouvelles fonctions de directrice de coopératives d’habitation Suisse.

À l’issue de l’Assemblée, Noëmi Rui et Marc Arpagaus ont présenté le projet pilote HGT « Step out – Start in », lancé sous l’égide d’AIS Berne en collaboration avec GastroBern.

Destiné aux personnes à l’aide sociale ainsi qu’aux personnes issues du domaine de l’asile, ce programme de micro-certification modulaire combine théorie et pratique et propose plusieurs orientations (cuisine, service, étage, intendance, information à la clientèle). Les résultats positifs — tant en matière de montée en compétences que d’insertion professionnelle et de motivation — démontrent la pertinence de ce format, qui répond à la fois aux besoins des participant·e·s et à ceux de l’économie. Le développement de bonnes pratiques en matière de micro-certifications à l’échelle régionale ouvre par ailleurs le débat sur la nécessité d’un cadre national, afin de soutenir la coordination de projets impliquant des acteurs aux fonctionnements variés. Ce constat a également été partagé par Adrian Gerber, Délégué à l’intégration professionnelle des personnes au bénéfice du statut S.

La journée s’est poursuivie par la visite de la Maison des religions, remarquable exemple de dialogue interculturel. Ce lieu unique rassemble une dizaine de religions partageant un même espace de culte et d’échange. Cette cohabitation les invite en permanence à réfléchir aux équilibres entre compromis et respect de leurs pratiques religieuses. Ce dialogue continu favorise la tolérance, le respect des différences et une meilleure compréhension mutuelle.

Un apéritif convivial est venu clôturer cette journée riche en réflexions, en rencontres et en échanges. Nous nous réjouissons d’ores et déjà de la prochaine édition.

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